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Gerard Athias : une autre approche de la maladie

Publié le par Fabcee

 Racines familiales de la « mal a dit »

                                                   de Gérard Athias

 

Chapitre « doutes et certitude absolue »

 

L’après-midi était consacrée à un moment critique de la thérapie. Une fois les rapports « conflit-maladie » expliqués, il fallait que le patient conçût déjà sa maladie comme une suite logique de cet état conflictuel, et qu’il conçût aussi qu’à la résolution du problème, il puisse guérir. Il était naturel qu’il ne conçût pas de suite ces choses, et qu’il doutât que son cancer s’éliminerait exclusivement par cette prise de conscience. Alors Joseph avançait doucement dans ce qu’il appelait la certitude absolue de guérir, car pour lui c’était l’unique voie de guérison, totale et définitive.

Joseph posa la question : « Qu’est-ce qui guérit ? »

et il expliqua :

« C’est la certitude. Avoir la certitude de guérir, guérit et c’est le doute qui tue. Quand on doute de guérir, on a la certitude d’être malade. Toutes les maladies peuvent s’éliminer seules. Les médicaments aident, mais ne guérissent pas. Tu auras la possibilité à ton retour d’appliquer ces méthodes et de les accompagner de ton savoir médical.
C’est la connaissance qui libère les gens et c’est le travail du thérapeute de faire passer la connaissance par l’intermédiaire du corps. Mais surtout, il ne
faut jamais faire passer le message par le pouvoir. Le pouvoir est réservé aux faibles ; ceux qui n’ont pas confiance en eux et qui veulent garder la maîtrise des choses. Donne tel que tu es sans douter et transmets ta certitude personnelle. Un soin, c’est une offrande sacrée, car ça crée la guérison. Cette harmonie d’équilibre est à remettre au patient. C’est lui qui fait. Le thérapeute donne l’ouverture, le possible, mais il ne fait pas pour le patient. Il n’y a pas de prise en charge ; l’homme se responsabilise et retrouve sa dignité. »

S’appuyant sur La Rochefoucauld : « le doute est le pire des maux, car il les contient tous », il m’expliqua que le doute était bien sûr l’inverse de cette certitude, et qu’il fallait éclairer le patient sur les différents doutes possibles.

En premier, il pouvait douter de ces lois d’équivalence, car les grands professeurs d’université n’avançaient pas les mêmes thèses. Alors, étayant cette révolution copernicienne de la médecine, il demanda quelle personne doutait aujourd’hui de la rotondité de la Terre. A l’époque, ce grand bouleversement scientifique avait failli coûter la vie de ce cher Galilée, qui s’était résigné officiellement. « Et pourtant, elle tourne. »

Qui sait si dans quelques temps, cette façon d’opérer ne serait pas la seule, mettant au rancard toutes les méthodes agressives de soins, aujourd’hui pourtant bien souvent utiles. De toutes manières, il était tout à fait secondaire pour Zo – c’était le diminutif de son nom – que ces hypothèses de travail soient exactes ou fausses. La seule chose, c’est qu’il les constatait au quotidien et de plus, il les vivait. A vrai dire, il pouvait aussi les inventer, les arranger, mais pour Joseph, c’était la réalité. 3Je connais les résultats obtenus par le système classique, et je n’ai aucune hésitation à traiter mes patients avec mes connaissances de biologie et de symboles du corps humain. Parfois, tel un détective, je pars sur des pistes avec comme seul indice, un symptôme. A moi de faire le lien, dans une réalité de mutations organiques. Il n’y a pas de méthode unique pour aider les gens à ses guérir. La maladie doit nous ouvrir les yeux, et c’est la biologie qui nous montre que chaque individu est absolument unique. C’est quand il retrouve cette unité des choses que sa guérison s’installe. Mais cette recherche de l’unité ne peut se limiter à la durée d’une thérapie : c’est dans cette relation de croissance, dans une responsabilité de conscience que chacun d’entre nous va au-delà même de la guérison. La vraie guérison, c’est d’abord un acte sur l’élargissement de la conscience. Il faut que le thérapeute enseigne à son patient comment augmenter le niveau de conscience, le sens de sa maladie, ce qu’elle vient lui apprendre. Il ne faut pas intervenir sur le symptôme sans comprendre, et c’est au patient, à lui seul, de changer son comportement, d’évoluer. La biologie est mon outil de diagnostic, la prise de conscience est mon ordonnance. »

C’était un crime envers l’humanité toute entière, un crime abominable de ne pas révéler cette connaissance ; et si cela était vrai ? Pour Joseph, c’était une évidence, c’est pourquoi il s’attardait par l’expérimentation à la prouver et à la divulguer.

Le deuxième doute pour le patient, c’était celui de la gravité révélée comme nulle de la maladie, car si toutes les maladies étaient identiques, il ne pouvait plus tirer profit des bénéfices secondaires de la maladie. Il se faisait aimer grâce à elle, alors que personne n’aurait eu pitié de lui pour un simple rhume ou une banale angine.

Avec certaines pathologies, il était plus facile pour lui de se faire plaindre. Ce plaintif ne serait plus l’objet d’amour de ses proches si tout redevenait normal. Il fallait donc, entre autre, qu’il prenne conscience du seul amour vrai, celui de lui-même. L’autre incertitude était le doute de soi-même. Chacun des patients, en ayant accepté les thèses, se demandait si lui était capable de se débarrasser de son nouvel organe, simplement en prenant conscience. C’était la plus grande cause des pathologies, la dévalorisation.

Joseph était à ce point sorti du jugement humain, qu’il répétait sans cesse :

«  Je ne suis pas Dieu, je ne suis pas juge, je suis médecin, et dans la biologie, il n’y a pas de coupable, pas de victime, pas de pardon. » Il ne faisait que constater les attitudes conflictuelles sans porter de jugement.

Il s’efforçait de mettre en pratique une phrase biblique « ne jugez point afin de n’être point jugé », et conseillait à ses patients de faire de même.

Lorsqu’il éprouvait quelques difficultés à faire passer le message, il renversait la vapeur. La dévalorisation est la face cachée de l’orgueil. Les gens se pensaient moins bien que d’autres, mais s’estimaient bien mieux que la plupart de leurs congénères. Ainsi les gens qui se pensaient modestes, se trouvaient renversés dans leur appréciation.

Cette autre façon de voir les choses faisait partie de sa thérapie. En utilisant la loi de l’ambivalence comme stratagème médical, il avait pour habitude d’extraire toujours quelque chose d’heureux des plus grands drames vécus.

Le plus subtil des doutes était l’espoir de guérison. Evidemment, tous les patients espèrent guérir, mais l’espoir n’est rien d’autre que le versant négatif du doute et par là-même un véritable leurre pour le psychisme.

Le vieil adage « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », était bien sûr juste, mais pouvait être modifié par « tant que tu espères guérir, tu es sûr de mourir ». Il savait bien qu’au-delà de l’espoir il y avait la certitude absolue, qui avait le pouvoir physiologique de guérir. La première étape était d’aller au-delà de la certitude et de rencontrer la foi. Une foi individuelle, et même pour certains, laïque : la foi en soi-même. Puis dans un second temps, Joseph disait : « Lorsque le doute est converti, ce n’est pas la certitude qui le remplace, c’est l’évidence. » C’est pour cela qu’il avançait sur le fil du rasoir, il ne voulait pas tomber lui-même dans le conflit du berger et parlait évidemment de foi laïque. Car c’était le patient qui était le seul dieu créateur de sa guérison. Il en était ainsi.

C’est comme cela que notre inconscient avait créé quelques instruments à son image. L’ordinateur par exemple ne fonctionnait que par oui ou non, et dans la vie tout était binaire. Et comme il savait le faire avec des exemples pratiques, il alluma l’interrupteur ; la lumière brille ici à 100%, puis en fermant le va-et-vient, il dit qu’elle était éteinte à 100%, et avant même qu’un petit malin ne parle des variateurs de lumière, il disait qu’il en était ainsi tout le temps. Certes l’intensité est différente, mais elle est allumée à 100%. La lumière est ou n’est pas.

Il ne parlait jamais en statistique. C’était soit 0, soit 100. Il alla même jusqu’à dire que devant l’existence de Dieu, les athées étaient dans la foi. Dans leur 100% de la non existence de Dieu. Ainsi il soignait tout le monde par ce mécanisme de certitude absolue, et se dégageait même de toute ambiguïté, chacun devant atteindre le 100% de lui-même. Pour les contestataires, il citait l’Evangile. « Qu’est-ce que la vérité ? », avait demandé Ponce Pilate, et le Christ avait répondu : « La vérité n’est ni au ciel, ni sur la terre et pas davantage entre le ciel et la terre. »

C’est dans les vérités toujours vécues que Joseph puisait sa science. Il avait travaillé avec un ami cancérologue et biologiste, la croyance avait une réalité biologique. Un programme particulier inscrit dans notre cerveau.

Le phénomène religieux, au sens biologique et non socio-psychologique, est un des plus anciens.
Il n’appartenait pas exclusivement à l’homme, car les rites funéraires, par exemple, étaient non seulement connus il y a plus de 40 000 ans, chez Néanderthal, mais aussi chez certaines espèces animales. Les éléphants et leur fameuse histoire de cimetières. Si un éléphanteau vient à décéder, il est automatiquement saupoudré de terre par les siens, rite évident d’enterrement. C’est comme si, à un niveau archaïque, la croyance est inscrite dans le cerveau de l’homme depuis son origine.

Et grâce aux imageries médicales, certains ont même pu situer un foyer d’activité religieuse au niveau du cerveau limbique. C’est pourquoi les rites magico-religieux sont communs à toutes les religions, car ce phénomène automatique et non réfléchi est un phénomène naturel.

« Néanderthal met déjà ses morts en terre en position fœtale, sans même conceptualiser la moindre idée religieuse. Il le fait au sens biologique ; sans aucune vision psychologique, sans savoir pourquoi. C’est un besoin. Et tout au long de l’évolution de l’espèce, l’homme garde au cours de millions d’années uniquement ce qui est utile pour lui.

Il adapte, il conceptualise, il théorise la religion, mais garde la fonction religieuse comme inscription génétique. Chacun doit redonner à chacune de ses cellules l’intelligence religieuse, pour son Dieu-venir. »

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isabelle 08/06/2010 14:43


merci Céline, cet article m'est de profond soutien dans la démarche que j'ai entreprise. A bientot pour d'autres lectures (toujours très interessantes)


kiara 08/01/2010 21:05


bonjour fabcee,
contente de te relire! je te souhaite une très heureuse année.
je trouve ton article intéressant. Il me rappelle un livre que j'ai lu et que j'ai beaucoup apprécié: le premier et dernier miracle d'antoine filiasilis.
une femme qui guérit d'un cancer incurable aidée d'un guérisseur, qui ne fait en fait rien d'autre que lui faire prendre conscience d'elle même. guérisseur qui existe réellement.
bisous


Fabcee 19/01/2010 16:17


bonjour kiara, aussi très contente de te revoir en ce lieu, que je suis obligée un peu de délaissser par manque de temps.
c'est la vie, dans tous les cas je te la souhaite riche en émotions, car ce sont celles ci qui nous rendent vivant.
bonne année aussi à toi et à tout ceux que tu aimes si tendrement, bisous de tout mon coeur.
merci aussi pour cette info, bises


LADY MARIANNE 07/01/2010 17:06


bonjour Fabcée !
de retour sur le web !!
ça faisait un bout de temps -
en formation sans doute -
j'avais cru lire qu'il fallait vouloir guérir et ne pas accepter la maladie -
puis ensuite j'ai crû lire le contraire
c'est trés compliqué pour nous ces explications -sans cours - sans approche de ces
méthodes spirituelles -
mes meilleurs voeux por 2010
que tes souhaits se réalisent
bises lLady Marianne


Fabcee 19/01/2010 16:12


bonjour tous mes voeux aussi à toi que cette année t'apporte en ton coeur ce à quoi il aspire depuis tout temps.
accepter la maladie est deja son meilleur remède, pour le reste c'est la tete et de chercher trop qui l'engendre, alors ne pas compliquer en nous est le mieux.
bises à toi, que ton coeur si pur te portes.